baie_de_somme_063

 

C’est le matin. Il est tôt

Un cirque de crêtes déchiquetées et blondes sur un ciel  noir-bleu,

un peu de blanc de neige,

avec un saupoudrage de sucre roux d’épines de mélèzes.

Le ciel a besoin de cette peinture insolente. Il est si petit… Je le quitte.

 

Plus tard sur l’autoroute. L’horizon s’est déchiré et le ciel a pâli.

La fuite de l’asphalte traverse l’arrondi de la ligne, au fond

Les arbres filent avec les glissières de sécurité

Une station-service s’est arrêtée

Le vacarme des moteurs qui défilent

monte dans le ciel blanc qui s’en fout

 

Je les quitte encore.

l’autoroute et le ciel sans couleur

Une simple route musarde entre deux aplats de vert tendre.

Tout est grand et large et silencieux

Espace espace

Le vent

et ciel qui écrase

Quelques minuscules églises là-bas au fond

le ciel ici est en relief.

Il va du sol qu’on ne voit pas au sol qu’on ne voit plus

Tous les gris sont là sous le pinceau d’un Eugène Boudin

Tout est lavé, propre, avec une lessive spéciale couleurs

J’ai rendez-vous avec la mer qui a rendez-vous avec le ciel