je suis

Je suis la bergère au pas lourd sur la roche,

qui monte encore et tutoie le ciel

Je suis la brebis au dos de mer en colère

qui s’en fout et dévore la montagne

Je suis la lune endimanchée,

comme un œil blanc dans la face du ciel noir

Je suis l’horloge qui ne rêve pas et compte les secondes de lait au pis de la vache qui dort

Je serais bien le temps qui n’existe pas, la femme de la terre lourde, la femme du ciel léger

Celle qui regarde ses pieds et celle qui s’enivre de ciel et d’air bleu.