A comme Automne

 

Le vent d’hier a malmené les arbres, le vent jaloux les a giflés et ce matin,

les voici comme en haillons.

Ils conservent un peu de leur superbe, un peu de leurs habits de fête.

La fête a fait long feu, les chapeaux rouges, les houppiers d’or,

virevoltent au pied des arbres habillés pour un dernier bal avant l’hiver,

explosent comme le feu qui projette ses braises allumées dans la nuit.

Et j’ai vu un essaim d’étoiles briller encore dans le soir,

j’ai vu les feuilles dans leur premier vol,

celui pour lequel elles s’étaient habillées.

Il faut bien regarder la feuille qui glisse au sol comme la robe de mariée.

Il faut la suivre jusqu’au râteau du vent d’octobre.

Car nous ne la verrons plus au ciel d’automne.