Ecrins de poésie

Du pays de Somme au pays des Ecrins

 

 

Pour écouter mon interview du 13 septembre 2013 sur Alpes1, cest ici :

: http://alpesdusud.alpes1.com/images/stories/podcast/rencontres-alpes1/rencontres-2013-09-13.mp3

 


 

"Pour la première fois depuis Gütemberg, le texte et le papier se séparent, et c'est comme si son coeur se fendait en deux." Paul Fournel. (la liseuse)

 


Du pays de Somme où je suis née, au pays des Ecrins (Hautes-Alpes)où je vis...

Ces deux régions m'enchantent également. L'écriture et la poésie, la photo, sont des supports magiques pour les sublimer et pour les chanter.

 

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Saint-Valery-sur-Somme

 

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 La Barre des Ecrins

Voici donc quelques photos et quelques textes poétiques, envoyés dans le vent,comme on souffle dans la main...

 

 

                                                                                                               

'A Michel Machin, qui fut mon professeur au collège de Doullens et mon premier vrai lecteur.'

 


 


07 août 2016

La nuit des étoiles

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 La queue du serpent s'agitait sous la couronne boréale quand le ciel prit sa couleur de crépuscule : vert tendre.

Le dragon, qui venait d'avaler le petit renard et le loup tout entier, contemplait ce spectacle en fredonnant la chanson des travaux d'Hercule : douze couplets et quatre refrains en alexandrins rimés avec césure. Il était accompagné à la lyre par la belle Cassiopée, femme de Céphée. Les lézards sortaient des yeux de Cassiopée tandis que sur l'horizon, Bérénice coiffait sa longue chevelure d'où tombaient les chiens de chasse. Les chiens de chasse aboyèrent à qui ferait mieux que l'autre et le dragon se fâcha. Il frappa du pied sur la voûte céleste, ce qui fit trembler l'univers - et plus encore - et cracha une longue flamme rouge et or avec une multitude de flèches de Licorne sur les chiens qui se turent immédiatement. La lyre et la chanson se turent aussi.

Étonné, le serpent releva la tête et dit en sifflant : mais, qui a éteint la télévision ?

Le ciel fit silence. On n'entendait plus que le « chuuutt » des étoiles filantes et la lune qui faisait la planche plus loin, dans l'océan bleu marine, un doigt sur la bouche, avec les dauphins bleus et les petites étoiles rondes comme des écus d'or. La maman du petit renard glapit de désespoir dans la nuit, les arbres cessèrent de remuer leur chevelure bruissante, le ruisseau s'endormit en chantant, une brume fraîche vint couvrir de son voile bleu pâle tout ce petit monde qui frissonna d'impatience.

Le premier merle chanta trois notes timides.

Et ce fut un nouveau matin...

 


 

 

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05 juillet 2016

Poèmes pour la Paix

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A l'occasion du centenaire de la bataille de la Somme, qui a commencé le 1er juillet 1916 au petit matin, a fait 20 000 morts le premier jour, a engagé les armées britanniques avec des soldats qui venaient de l'autre côté de la terre, a duré 4 mois et demi, a fait au total 1 059 543 victimes (morts, disparus, blessés), qu'ils soient britanniques, français ou allemands, pour  rien... Quelques kilomètres gagnés par les alliés, guerre d'usure et lourdes pertes... 

A l'occasion du centenaire de cette boucherie, le Conseil Départemental de la Somme a lancé une opération baptisée « Poèmes pour la paix » afin de rendre hommage à tous les soldats tombés il y a un siècle. 

http://www.somme14-18.com/vivre-centenaire-vivre-centenaire-2016/poemes-paix-envoyer-nous-vos-plus-beaux-messages

Sur la vingtaine de poèmes (qui ne devaient pas dépasser 140 caractères) que j'ai envoyés, 6 ont pour l'instant été publiés. 

En gras ceux qui n'ont pas été publiés,  les 6 publiés, dessous...

 

Sous le kiosque rose

Tambours et trompettes

Les tables sur la place

Le groupe de rock après la fanfare

La bière attend dans les verres

 *****

La graine s'est envolée

Le pissenlit fleurit maintenant 

De l'autre côté de la frontière

***** 

Sur le no-man'sland

on trouve pèle-mêle

Des boutons anglais, 

Des fifres allemands

Du tabac français

*** 

Le mûrier a repoussé

Mêlé à la ronce de fer

On ne sait pas qui a fleuri

 ***

 A celui qui pleurait,

Aux arbres résignés

A celui qui tomba,

Aux oiseaux de passage

A celui qui revint,

Au galop d'un cheval

*****

Les gouttes d'eau après la pluie

Scintillent

Au loin le clairon s'est tu 

*****

Les hommes ont semé

le fer et le sang, la terre

A gerbé le blé

*****

Le pigeon gris s'envole

Dans sa bague

Un poème d'amour

*****

Il déchire le silence :

Une voix qui chante, puis une autre, puis une autre

Le canon

*****

Entends-tu sur le champ de foire

La basse puissante de la sono ?

On a dû sortir l'artillerie

Des tirs encore un vol d'oiseau

Des rires d'enfants

*****

Maudite soit la guerre

Mon poing levé contre les armes

Les beaux avions les jolies bombes

Ah qu'on vive en paix Nom de Dieu

*****

la Paix ça se mérite

Il faut l'abreuver de sang sinon on l'apprécie pas

Il faut de la chair à canons, des veuves éplorées des orphelins

*****

A ceux qui sont nés pour être sacrifiés

Sur l'autel

Des vengeances de la haine des médailles de pacotille

A ceux qui meurent pour rien

*****

Si tu veux la Paix

Prépare la Paix

*****

Il y en a des chansons

De plus belles de plus tendres

La chanson d'la Paix

elle vomit la guerre

qui vomit la terre

qui crache le fer

*****

Je ne sais plus à quoi ressemble la terre ou je meurs

un ventre de femme

Avant que le grain soit sorti de terre

on m'y couchera sans vie

*****


 

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07 juin 2016

Atelier Mandal'Haïku du 4 juin 2016 à Saint-Martin-de-Queyrières

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A l'occasion de cet événement, voici des photos et quelques poèmes écrits au cours de l'atelier Mandal'Haïku, animé par Isabelle et moi-même...

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Fabrication de mandalas avec des cailloux, des fleurs, du bois flotté, du sable, des coquillages, des bougies, etc, symbolisant les 4 éléments : L'eau, la terre, le feu et l'air.

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Accompagnée d'une pratique simple de Yoga.

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Suivi d'un atelier d'écriture de Haïkus, autour des 4 éléments...

 

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Les participants ont écrit leurs Haïkus sur des "drapeaux de prière" tibétains, qui sont maintenant exposés dans la bibliothèque (école) de Saint-Martin-de-Queyrières... 

Un superbe moment de partage, de belles rencontres, en créativité et en poésie...

Merci à toutes et tous !

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Tranquillité Sobre

Écoute Assise

D'une Agréable Rencontre

Comme le merle noir

La lumière sur les sommets

L'aigle passe dans l'air

*

La main ronde de l'enfant

Tient la bille 

En chantant

*

Le cristal des cristaux de neige

Fond quand midi sonne

Au clocher

*

L'eau coule coule

Ne t'arrête pas

Surtout

*

Le tilleul de la cour

Salue le nuage gris

En secouant ses feuilles

*

Vent doux le matin

Emporte l'odeur du café

Instantané 

*

La moustache du chat gris

Chatouille l'iris

Qui grandit

*

Une larme Rose

Un matin d'Hiver Blanc

Flocons Tourbillonnants

*

Etc...


 

 

 

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01 juin 2016

Coquelicot

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Il y a des coquelicots dans le regard du ciel

Il y a la naissance du jour et l'éphémère du rouge

Le vitrail d'un pétale

Quand la lumière traverse le papier froissé

et ambiance la terre.

Faut-il frapper pour pénétrer

Dans la chaleur de la maison parfumée

tapissée de velours

Quand soir après soir

la femme quitte ses pétales flétris

les dépose à ses pieds

et offre les stigmates de son plaisir ?

On est tout près de la mort. La mort de la fleur

Après l'orgasme incandescent.

Elle abandonne les hauteurs célestes

La voici presqu'humaine

et proche.

Voilà qui nous parle

Elle nous ressemble

Vieillie, humble 

et sombre.


 

 

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13 mai 2016

Sol-Solitude

Ganagobie

 

La grille s'entrouvre en hurlant

Les cailloux de l'allée crissent sous les pas

Les marches-béton volent jusqu'à la porte

Mosaïque

Parquet ciré du salon, sonate au piano

Jardin dans la fenêtre,

Fauteuil au feuillage blanc

Sur tapis de laine noire

Des parfums de pâté de lièvre viennent de la cuisine

Où l'enfant joue sous la table

Sa 2CV grise suit les lignes rouges du carrelage

Les lignes vertes sont interdites à la circulation des 2CV

Par la fenêtre ouverte, les aboiements d'un petit chien

Sous le saule pleureur

Dansent les vols désordonnés des moineaux

Des rires là-haut

Personne n'entend le bruit que font

Les pneus sur le bitume

D'un camion qui freine brusquement. 

 


 

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03 décembre 2015

sur le lac gelé

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Furieux

le lac en sa glace rauque craque et chante et siffle

une feuille 

et l'épaisseur de l'eau  remue sous l'épaisseur de glace

une bulle

et la punaise d'eau prisonnière du froid

une branche

attend je ne sais quel printemps

immobile

le seul plumage est celui des roseaux

blanc

dans les flèches du couchant

où est la vie,

où sont les glissades des canetons, à vélo sur l'eau ?

la poule d'eau a fui

moitié courant, moitié nageant,

 seul(e)

le lac habillé d'hiver se brise

en mille éclats de diamants

de banquise.

 

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28 novembre 2015

Hiver

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Il dit : Un arbre, ça finit toujours par terre.

Il est entré par la porte de la cour, avec son panier de bûches, le froid derrière lui. Il a posé le panier près du poêle Godin, a soulevé la plaque de fonte à l'aide d'un tisonnier.

Avec le ronflement du feu soudain ravivé, de la fumée s'est répandue dans la cuisine.

- Chaque bûche a une histoire, me dit-il en prenant la première dans sa main droite.

Il la regarde, la soupèse, la passe dans la main gauche.

- Celle-ci vient de l'arbre mort qui s'appelle Tremble. Je l'ai débité au printemps.

Il a parlé lentement, pour lui seul, soupesant chaque mot, comme le morceau d'arbre dans ses mains. Il le dépose dans le foyer. Ses gestes sont minutieux et tendres.

- J'ai brûlé le mauvais bois quand il ne faisait pas encore trop froid, le sapin par exemple.

Le sapin brûle vite sans encrasser le conduit.

Il sort une autre bûche du panier, c'est encore du tremble.

- Le feu pour une cheminée à foyer ouvert doit rayonner. C'est mieux d'y brûler du tilleul ou du sapin.

Il repose le couvercle sur le Godin. Il ne parle plus, regarde un moment le feu qui rougit la petite porte frontale.

On n'entend plus que le sifflement et le ronronnement des flammes. Il dit : Pour le poêle, le feu doit chauffer la fonte et renvoyer la chaleur.

Et encore : Si tu veux faire une bonne flambée dans un four à pain, il faut utiliser du pin…

Nous rions ensemble un moment, puis : Le frêne est un excellent bois mais il met du temps à sécher. Le châtaignier est un bois à tanin qui encrasse. Ou alors, si tu le laisses cinq ans sous la pluie…

Je pense à la forêt, à son bois qu'il exploite, aux arbres qu'il choisit d'abattre, à ceux qu'il préfère laisser s'épanouir. Il dit : Je n'ai jamais acheté de bois pour me chauffer.

J'entends le crépitement du début, je sens le souffle puissant qu'exhale l'arbre qui tombe. Et son écho dans la forêt qui pleure sans bruit comme une cathédrale.

Pour Dap's


 

 

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17 novembre 2015

La minute de silence

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La minute de silence

La parenthèse de silence

Le passage de silence

Le bourdonnement du silence

L'angoisse du silence

L'envie de silence

Le retour du silence

Après les balles, les détonations, les cris, 

La vie-bration du silence

Le tango du silence

3 ou 4 minutes pour écrire la minute de silence...

 


 

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10 octobre 2015

Le manteau de larmes

P1260861Oui, maman, j'ai mis mon manteau...

Non, maman, je n'aurai pas froid.

Non, ne pleure pas maman, je pars.

Je pars et tout est apaisé...

Ne vois-tu pas le ciel qui s'allume ?

Ce soir, la lumière vient des cimes

Mauves, regarde

La lune traîne ses chevaux 

Elle fait scintiller

Les pierres blondes de l'abbaye

Et les toits sombres dessinent

Des manteaux de bois

Pour les murs qui grelottent.

Ne pleure pas.

Le manteau de larmes, la forêt, la lune,

Les pierres et le bois :

Tout me montre le chemin.

                                     Chemin de lumière

                                                              Ombre dépouillée

                                                  Secret immobile...

La figure du gisant

Déambulation dansée, Abbaye de Boscodon (05) Cie Pernette, le 10-10-2015

La passerelle - Théâtre - Gap


 

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