Ecrins de poésie

La Grande Fête - Souscription

 

« Suzanne dit tout bas à Jean qu’elle avait envie que Ferdinand parle d’autre chose. De ses enfants, de son métier de menuisier. Chacun était partagé entre envie et terreur, comme un enfant qui met ses mains devant son visage et regarde entre ses doigts.

Ferdinand insistait :

Regardez ce que j’ai trouvé. »

 

Scan0011Avec douze nouvelles et six poèmes pour un récit centré sur le grand-père de lauteureLa Grande Fête nous emmène dans la Grande Guerre comme dans un « roman éclaté ». Des récits où se mêlent fiction et Histoire, avec des personnages inventés qui côtoient ceux ayant réellement existé, hauts en couleur, humanisés par lécriture. Des histoires tragiques, où le quotidien teinté parfois dhumour côtoie lhorreur de cette guerre, qui produisit une « onde de choc » encore sensible cent ans après. 

 

 

Ce livre peut être commandé en souscription au prix de 10 €, au lieu de 15 €, durant tout le mois de février. 

Bulletin de souscription en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Souscription_La_Grande_Fête

Remplissez-le et envoyez-le avec votre chèque ou un virement à l'adresse indiquée.

Le livre sortira début mars et vous le recevrez par la poste si vous habitez hors des Hautes-Alpes. Si vous êtes haut-alpin, ne payez pas les frais de port et il pourra être retiré chez moi.

 


 

 

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Du pays de Somme au pays des Ecrins

 

 

Pour écouter mon interview du 13 septembre 2013 sur Alpes1, cest ici :

: http://alpesdusud.alpes1.com/images/stories/podcast/rencontres-alpes1/rencontres-2013-09-13.mp3

 


 

"Pour la première fois depuis Gütemberg, le texte et le papier se séparent, et c'est comme si son coeur se fendait en deux." Paul Fournel. (la liseuse)

 


Du pays de Somme où je suis née, au pays des Ecrins (Hautes-Alpes)où je vis...

Ces deux régions m'enchantent également. L'écriture et la poésie, la photo, sont des supports magiques pour les sublimer et pour les chanter.

 

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Saint-Valery-sur-Somme

 

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 La Barre des Ecrins

Voici donc quelques photos et quelques textes poétiques, envoyés dans le vent,comme on souffle dans la main...

 

 

                                                                                                               

'A Michel Machin, qui fut mon professeur au collège de Doullens et mon premier vrai lecteur.'

 


 

18 mars 2017

La chute du géant

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Le bourdonnement d'une tronçonneuse.

Avec un savoir-faire absolu, la tronçonneuse taillait une large plaie au pied du géant. J'ai pensé, ces géants sont trop nombreux. 

Le bourdonnement, les voix des hommes. L'arbre commençait à gémir.

C'était un géant de plus de dix mètres de haut, longiligne et coiffé d'une toison verte. 

Soudain, l'arbre s'est incliné lentement. Ses branches se sont accrochées aux branches des autres géants. En majesté. Comme un soldat qui tombe au ralenti. Sans un cri.

Un bruit de fin du monde, Celui que fait l'arbre qui s'abat. Une explosion de séisme, des craquements d'os qui se brisent. 

Un grand pin est tombé sous mes yeux. Un affaissement qui a fait vibrer la terre, a résonné dans mon ventre, a fait pleurer le ciel...

Dans un souffle, celui des autres géants, celui de la forêt. Le dernier de l'arbre.

Ses bras ouverts ont aimé la dernière caresse de l'air. L'air tout chargé déjà de parfums de résine.

Et ce fut le premier faux pas du géant.

 

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12 mars 2017

Peindre des ciels

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C’est le matin. Il est tôt

Un cirque de crêtes déchiquetées et blondes sur un ciel  noir-bleu,

un peu de blanc de neige,

avec un saupoudrage de sucre roux d’épines de mélèzes.

Le ciel a besoin de cette peinture insolente. Il est si petit… Je le quitte.

 

Plus tard sur l’autoroute. L’horizon s’est déchiré et le ciel a pâli.

La fuite de l’asphalte traverse l’arrondi de la ligne, au fond

Les arbres filent avec les glissières de sécurité

Une station-service s’est arrêtée

Le vacarme des moteurs qui défilent

monte dans le ciel blanc qui s’en fout

 

Je les quitte encore.

l’autoroute et le ciel sans couleur

Une simple route musarde entre deux aplats de vert tendre.

Tout est grand et large et silencieux

Espace espace

Le vent

et ciel qui écrase

Quelques minuscules églises là-bas au fond

le ciel ici est en relief.

Il va du sol qu’on ne voit pas au sol qu’on ne voit plus

Tous les gris sont là sous le pinceau d’un Eugène Boudin

Tout est lavé, propre, avec une lessive spéciale couleurs

J’ai rendez-vous avec la mer qui a rendez-vous avec le ciel

 


 

 

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14 février 2017

Square

 

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  Il avait dit en entrant dans le jardin :

— Je n'aime pas les questions, ne me posez pas de questions.

  Elle l'avait suivi en silence, marchant dans ses pas, courant presque, car il avançait à grandes enjambées, comme s'il était soudain pressé d'arriver.

  Il s'arrêta devant un banc près du bassin, l'inspecta, toucha le dossier avec le plat de la main, se baissa pour regarder dessous, passa derrière, en fit le tour et s'éloigna pour en choisir un autre un peu plus loin. Il s'assit, allongea ses jambes avec contentement, croisa ses bras sur sa poitrine, contempla les enfants qui jouaient dans le bac à sable, suivit du regard un pigeon descendu d'un grand érable dans un vol froufroutant. Il continua à échanger des œillades avec le pigeon, fouilla les poches de son grand manteau, en sortit un gâteau, jeta quelques miettes au volatile puis se désintéressa de la scène, se leva, fit quelques pas en direction d'un massif, lui fit un signe sans se retourner :

— Venez

  Elle l'avait suivi, s'était assise sur le banc près de lui, avait regardé tout ce qui intéressait l'homme, le bassin, le pigeon, les enfants, l'érable, les rayons du soleil derrière la statue de bronze.

  Elle s'était approchée de lui, presque à le toucher. Il lui montra un massif de cosmos roses et de gaillardes jaunes, des abeilles voletaient d'une fleur à l'autre, ivres et gourmandes.

  Elle allait lui prendre la main quand :

— Vous comprenez maintenant ? dit-il brusquement, sans quitter des yeux les abeilles sur les fleurs. Vous comprenez enfin que votre présence, votre tendresse, vos attentions, ne sont rien à côté de ce spectacle ? De cette vie ? De ce jardin ? Vous comprenez que je suis heureux, ici, maintenant ?

  Il la regarda enfin. Son regard était celui d'un enfant.

 


 

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30 janvier 2017

De la Paix

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L’eau qui tombe du plafond dans une casserole posée sur la table

La chanson de la pluie sur les chaises du jardin, sur la terrasse, sur le balcon

Une maison sans fenêtres
Des rideaux à fleurs blanches

Un toit crevé
Des tuiles blondes sous le soleil

Un champ labouré par les bombes
Un pré de fleurs avant la fauche  

Des fissures dans un mur
Un rayon de soleil sur le plancher lustré

Des obus dans un ciel gris
Des ballons de couleur des rubans et du vin

Une mare de sang sous la tête d’un homme couché
Le ruisseau qui murmure dans le sous-bois 

Se cacher, chercher sa nourriture, 
humiliation, avoir froid, avoir peur, voir sa maison brûler, attendre, courir, se cacher, encore, courir, survivre, encore, tomber, ne plus écrire, ne plus chanter, ne plus penser a toi, 
Guerre

Saisir la beauté d’une grappe de glycine, la paresse d’un matin d’été, la tendresse d’un sourire d’enfant, la fragilité d’un mot, la force de l’émerveillement, attendre une lettre de toi,
Paix

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08 janvier 2017

Rêve moite

 

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Entre les pavés disjoints, l'herbe a poussé.

Le ciel gris a repeint le jardin abandonné. On suit des ruelles difficiles où le pied bute sur de sinistres galets. Des odeurs de fumée, de misère, montent des poubelles derrière le haut mur de brique.

Évier sale et lino qui se décolle, à l'intérieur, papier peint en grands lambeaux humides. La cheminée s'est éteinte sur l' odeur âpre de cendres froides. 

Il fait sombre et rien ne bouge. 

On a rêvé de lumière parfaite, de pays inconnus, de jardins, d' arbres émus qui laissaient grimper les fleurs sur leur tronc, de guitares mélancoliques sur les terrasses, de mer bleue où la terre rouge venait lentement mourir, de collines où s'accrochaient des villages Tutti-Frutti, On a des images de catalogues dans la tête, des rêves de vagues, de sable chaud et de promenades sous le soleil, des parfums de mer,

Mais il pleut...

 


 

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30 décembre 2016

Premier chagrin d'amour

 

La maison du Père Noël- Briançon, Cité Vauban

Enfant stupide, enfant crédule, enfant rêveuse et retranchée dans ce monde d'où tu ne voulais pas sortir. Enfermée dans un paradis construit par toi et pour toi. Pour une petite fille. Confortable, féerique. Magnifique jardin où la neige tombait à ta demande, où le soleil ne faisait pas fondre la neige, où la lune posait ses ombres mauves chaque nuit, où des fées complices allumaient les étoiles que tu avais envie de voir briller.

Chaque année, tu attendais un rendez-vous. Rendez-vous imaginaire. Juste imaginé. Avec celui que tu n'avais jamais vu. Pour lui, tu préparais les jouets offerts l'année dernière. Tu lavais, tu repassais les vêtements de poupées, tu les disposais soigneusement sur les accoudoirs des fauteuils, tu plaçais les livres ouverts sur le sol, les jeux de société auxquels il ne manquait pas une seule carte, là, devant la cheminée, dans le salon éclairé par les couleurs rouges, bleues, vertes des petites ampoules de la guirlande du sapin. Et cette nuit-là, bien sûr, il neigeait.

Tu allais dormir. Tu savais qu'il allait venir à ce rendez-vous où tu ne serais pas. Tu te réveillerais encore trop tard, même si tu te réveillais à l'aube. Et quand tu réussissais à veiller une partie de la nuit, tu t'endormais toujours au moment où il passait.

Au fond, tu ne souhaitais pas le rencontrer. Qu'il reste un fantasme, un rêve, une image. Que tu pouvais créer, revisiter, transformer, changer, selon ton bon vouloir. Te dire que jamais tu ne serais déçue par la réalité. Mais quelle réalité ? 

C'est à dix ans que tu as connu ton premier chagrin d'amour.

Tu as su qu'il ne viendrait plus au rendez-vous. C'est une fillette de ton âge qui te l'a dit. Elle savait depuis bien plus longtemps que toi, elle. 

Le Père Noël n'existait pas.

***

Ce texte a obtenu le 1er Prix au concours organisé par La Muse Gueule, librairie alternative à Briançon 

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15 novembre 2016

Enfance

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Sur la plage sans fin il y a la mer qui s'est retirée

Il y a la grève qui chante et le vent qui joue du xylophone

Il y a une armée de phoques allongée sur l'îlot et qui compte ses morts

Il y a dans la brume invisible de petits voiliers qui courent après les oiseaux

Il y a un blockhaus qui penche vers les flots avec ses tags 

Plus bleus que le ciel gris et plus verts que la mer blanche

Il y a des enfants qui crient dans la dune

Il y a du sable dans mon pain au chocolat

 

 


 

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07 août 2016

La nuit des étoiles

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 La queue du serpent s'agitait sous la couronne boréale quand le ciel prit sa couleur de crépuscule : vert tendre.

Le dragon, qui venait d'avaler le petit renard et le loup tout entier, contemplait ce spectacle en fredonnant la chanson des travaux d'Hercule : douze couplets et quatre refrains en alexandrins rimés avec césure. Il était accompagné à la lyre par la belle Cassiopée, femme de Céphée. Les lézards sortaient des yeux de Cassiopée tandis que sur l'horizon, Bérénice coiffait sa longue chevelure d'où tombaient les chiens de chasse. Les chiens de chasse aboyèrent à qui ferait mieux que l'autre et le dragon se fâcha. Il frappa du pied sur la voûte céleste, ce qui fit trembler l'univers - et plus encore - et cracha une longue flamme rouge et or avec une multitude de flèches de Licorne sur les chiens qui se turent immédiatement. La lyre et la chanson se turent aussi.

Étonné, le serpent releva la tête et dit en sifflant : mais, qui a éteint la télévision ?

Le ciel fit silence. On n'entendait plus que le « chuuutt » des étoiles filantes et la lune qui faisait la planche plus loin, dans l'océan bleu marine, un doigt sur la bouche, avec les dauphins bleus et les petites étoiles rondes comme des écus d'or. La maman du petit renard glapit de désespoir dans la nuit, les arbres cessèrent de remuer leur chevelure bruissante, le ruisseau s'endormit en chantant, une brume fraîche vint couvrir de son voile bleu pâle tout ce petit monde qui frissonna d'impatience.

Le premier merle chanta trois notes timides.

Et ce fut un nouveau matin...

 


 

 

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